
Ce n’est pas le moment de mettre votre maison ou votre appartement en vente. À moins de se faire une raison et de ne pas chercher à réaliser une extraordinaire plus-value sur le bien immobilier que vous possédez. Pour les experts d’ING Economic Research, le marché immobilier résidentiel connaît toujours la déprime. Les prix immobiliers pourraient plonger de 15 % dans les prochains mois.
Un indice : au premier trimestre 2009, les dossiers introduits auprès des banques pour obtenir un prêt hypothécaire étaient en recul de 18 % par rapport aux trois derniers mois de l’année passée. Visiblement les prétentions des vendeurs refroidissent les ardeurs des acheteurs potentiels.
Résultat : par rapport au pic de 2007, les prix vont continuer à baisser. La chute pourrait même atteindre 15 %.
Autre facteur défavorable : la crise, évidemment. Lorsque le PIB est en recul, les ménages n’ont pas le cœur à l’achat. D’où viendra la planche de salut ? Paradoxalement, le fait que les biens immobiliers redeviennent abordables constitue une porte de sortie de la crise. Tout comme le niveau intéressant des taux d’intérêt, qui rend le coût d’un emprunt plus supportable.
Le rééquilibrage devrait donc bientôt s’opérer. Sans pour autant provoquer une hausse des prix à court terme. Le réveil n’est prévu que pour la fin 2010.
La chute de la demande
La principale cause de la déprime est connue : la chute de la demande. On ne se bouscule plus aux guichets des banques pour solliciter un prêt hypothécaire. Selon les derniers chiffres disponibles, au cours du premier trimestre 2009, les dossiers introduits auprès des banques sont tombés à 19.300 demandes, soit une diminution de 18 % par rapport au dernier trimestre de l’année dernière. Le quatrième trimestre 2008 avait déjà été marqué par une baisse sensible du nombre de transactions, qui avait été le pire 4e trimestre depuis dix ans.
Il semble que cette chute de la demande résulte du fait que de nombreux propriétaires vendeurs n’ont pas encore conscience du retournement de la conjoncture et maintiennent des prétentions excessives. Selon les experts d’ING, cet « aveuglement » ne devrait pas perdurer. Ils ont contacté des notaires, et le nombre de compromis semble repartir à la hausse. Mais pas d’euphorie pour autant : par rapport au pic de 2007, les prix vont continuer à baisser et la chute pourrait atteindre 15 %. Autre facteur défavorable : la crise économique. Ce n’est pas lorsque le produit intérieur brut (PIB, soit la richesse produite chaque année dans le pays) est en recul que les ménages sont incités à s’engager dans des projets à long terme.
La machine n’est pas bloquée pour autant. C’est que, en plus de la baisse des prix demandés par les vendeurs, les taux d’intérêt sont favorables à une reprise. Depuis décembre dernier, les taux fixes sont retombés à environ 4,5 % et, pour les taux révisables annuellement, on se rapproche du niveau de 3,20 %.
Le rééquilibrage devrait donc s’opérer dans les mois qui viennent. Mais sans pour autant susciter un redressement des prix, s’il faut en croire les experts d’ING. Le niveau actuel devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’année 2010. En d’autres termes, il reste encore plusieurs mois aux candidats acheteurs pour scruter le marché et faire jouer la concurrence.
MARC CHARLET
samedi 18 juillet 2009, 09:12
LIEN : http://www.lesoir.be/actualite/economie/2009-07-18/prix-maisons-encore-baisser-718324.shtml
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