mercredi 30 septembre 2009

L’appartement neuf est moins cher





A Bruxelles, une érosion de 2,25 % est observée depuis janvier 2009

Entre 2.000 et 2.500 logements neufs se bâtissent annuellement à Bruxelles. Dont une large majorité d’appartements, le plus souvent à l’initiative de promoteurs. A quels prix sont-ils mis sur le marché ?

Jusqu’à présent, les candidats acquéreurs manquaient de repères pour avoir une idée relativement précise du montant qu’ils auraient à emprunter afin de financer leur achat. Cette lacune vient d’être comblée avec la publication de l’« Indice bruxellois du logement neuf », mis sur pied conjointement par le Consortium immobilier général (CIG) et l’hebdomadaire Trends-Tendances.

La particularité de ce baromètre n’est pas sa seule originalité. Au contraire de la plupart des enquêtes menées dans le secteur immobilier, il ne se fonde pas sur un sondage dont l’échantillon est limité à une part minime de l’ensemble du marché. Ainsi, pour les appartements mis en vente dans la capitale, ce sont près de 2.000 offres qui ont été passées au crible, soit plus de 90 % des propositions formulées par les professionnels. Des offres relevées tout récemment, et qui ne décrivent donc pas des opérations réalisées il y a six ou douze mois.

Autre intérêt de cet indice : il fournit des indications précises sur les prix au mètre carré, ce qui permet de faire de comparaisons entre les différentes entités de la ville – les dix-neuf communes auxquelles s’ajoutent Laeken, Haren et Neder-over-Heembeek qui ont été soustraits à Bruxelles-Ville afin d’affiner la photographie. Les résultats n’offrent cependant qu’un haut degré de fiabilité statistique que pour huit communes, celles où un nombre suffisant d’offres (au moins 80) ont été recensées.

Selon ce nouvel indice, le marché des appartements neuf est, par exemple, très cher à Ixelles (3.600 euros), ce qui porte le prix d’un appartement de deux chambres dans cette commune (123 m2 tout de même) à environ 443.000 euros. A titre de comparaison, un appartement ancien du même type dans la même commune se négocie autour de 270.000 euros. Cette différence se justifie-t-elle ? Oui, de l’avis de spécialistes. Car les charges incombant au locataire sont moins élevées dans un logement neuf que dans un logement ancien, ce qui permet de demander un loyer supérieur. Par ailleurs, les frais de rénovation et d’entretien à charge du propriétaire d’un appartement neuf sont minimes pendant une quinzaine d’années, alors qu’ils peuvent représenter jusqu’à 40 % du loyer dans l’immobilier ancien. Enfin, les perspectives de plus-values sont plus prometteuses.

Dans l’absolu, c’est dans la commune de Woluwe-Saint-Pierre que les appartements neufs sont les plus chers, à 3.667 euros par mètre carré. Et c’est à Koekelberg qu’on peut dénicher les offres les plus avantageuses, à 1.937 euros. La commune de Saint-Josse-ten-Noode n’a pas été reprise dans le tableau de l’indice, car les offres qui y ont été recensées sont en nombre insuffisant pour avancer des chiffres crédibles. Selon les concepteurs de l’indice, le marché immobilier bruxellois du logement neuf ne subit que modérément la crise économique actuelle. Toutes communes confondues, la baisse moyenne du prix du m2 à la vente s’est limitée, entre janvier dernier et septembre, à 2,25 %. Le nombre de biens annoncés (c’est-à-dire en cours de commercialisation, construits ou non) à la vente dans la capitale se révèle, lui, en nette augmentation (+ 26 %). La superficie totale du résidentiel proposé à la vente augmente de 23,6 %.

Des chiffres qui reflètent le malaise du marché : les biens restent plus longtemps en vitrine et d’autres promotions, planifiées de longue date, sont commercialisées, souvent à des prix alignés sur un marché dépassé. Une situation qui, si elle devait s’inscrire dans la durée, pourrait nuire fortement au marché.
Ce baromètre devrait être publié tous les deux mois, ce qui permettra de bien cerner l’évolution des prix. Sera-t-il étendu à d’autres villes du royaume, voire au marché des maisons individuelles ? « Non. Pour les maisons, ce serait compliqué car les maîtres d’ouvrage sont rarement des promoteurs et le marché est assez réduit à Bruxelles. Pour le reste du pays, rien n’est prévu mais le marché bruxellois demeure un maître-étalon du marché belge. Nous allons surtout nous atteler à affiner l’indice actuel en proposant par exemple des prix par type d’appartement et non plus de simples prix globaux au m2 », explique l’un des concepteurs de l’indice.

MARC CHARLET JOAN CONDIJTS

http://archives.lesoir.be/l%26%238217-appartement-neuf-est-moins-cher-les_t-20090917-00PYXH.html?query=l%27appartement+neuf+est+moins+cher&queryor=l%27appartement+neuf+est+moins+cher&firstHit=160&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=167&all=87185&nav=1

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire