jeudi 1 octobre 2009
Bruxelles fait de la résistance
Quelle est la situation exacte du marché immobilier résidentiel à Bruxelles ? Les notaires font le point. Les transactions chutent mais la baisse semble enrayée. Le marché affiche une bonne résistance au niveau des prix.
Beaucoup de rumeurs circulent à propos du marché immobilier résidentiel dans la capitale. Certains parlent de crise, d'autres évoquent déjà un rétablissement. La fédération des notaires bruxellois a jugé utile, pour faire la part des choses, de faire le point sur les transactions effectuées dans la région depuis un an. Cette mise au point, non programmée, est basée sur un sondage effectué auprès des notaires domiciliés dans les dix-neuf communes, et n'inclut donc pas les transactions – peu nombreuses il est vrai – enregistrées par leurs confrères des deux autres régions du pays.
Le constat des notaires est conforme à ce que l'on pressentait déjà à la lecture du bilan publié il y a un mois par le ministère des Affaires économiques, à savoir, d'une part, une chute du nombre de transactions et, d'autre part, une bonne résistance sur le plan des prix.
La diminution du volume d'activité tout d'abord. Sur les douze derniers mois, le recul est de l'ordre de 25 %. Pour rappel, en 2008, environ 12.500 logements avaient changé de mains dans la capitale. Même si, depuis six mois, la chute semble enrayée, on devrait tomber sous la barre des 10.000 cette année. Il faut sans doute remonter au début des années 80 pour retrouver un phénomène comparable. Pour l'expliquer, les notaires mettent en avant à la fois la réticence des vendeurs potentiels – ce n'est pas le moment de vendre – et l'hésitation des candidats acquéreurs – il est trop tôt pour acheter.
Pour ce qui est des prix, ce n'est en tout cas pas, selon les notaires, la catastrophe annoncée. Par exemple, pour les maisons (y compris les villas), la baisse des prix enregistrée au cours des douze derniers mois – par rapport au niveau observé un an plus tôt – est inférieure à 5 %. Comptez sur une moyenne de 325.000 euros, contre 340.000 en 2007-2008. Quant aux appartements, on peut même parler de stabilité des prix. Autrement dit, il faut continuer à miser sur un montant moyen de l'ordre de 192.000 euros. On trouvera moins cher lors des ventes publiques (autour de 150.000 euros), mais les caractéristiques des biens mis en vente sur ce segment sont évidemment différentes de celles des biens vendus de gré à gré.
Cette relative stabilité des prix, les notaires l'attribuent, pour une large part, à la raréfaction des offres de vente. Sans doute les prix auraient-ils réellement chuté si davantage de propriétaires avaient voulu céder leurs biens. Car, de son côté, la demande reste soutenue : grâce à la baisse des taux sur les marchés financiers, les tarifs hypothécaires restent avantageux et, en dépit de la récession économique, le pouvoir d'achat de la population paraît moins érodé que ce que certains redoutaient. Les notaires relèvent par exemple que, selon l'analyse de SD Worx, les salaires bruts ont encore augmenté de 7,5 % en 2008.
Enfin, dernier facteur qui contribue à soutenir la demande, le krach boursier qui a, pour un temps au moins, convaincu certains investisseurs des vertus des placements dans la brique.
MARC CHARLET
http://www.lesoir.be/supplements/immo/article_730134.shtml
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